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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 02:08
Tu te lèves à 7h du mat, t'as pas dormi la veille, t'es crevée, tu t'habilles machinalement, tu vérifies l'appart avant de partir, il fait gris, t'as froid, pour une fois t'es pas en retard au train, t'es même en avance, tu erres comme un zombie devant le panneau d'affichage en attendant de savoir sur quelle voie tu dois aller.
Tu montes dans le train, il démarre, les montagnes enneigées s'éloignent, tes yeux se ferment, tu dors, t'arrives à Lyon, tu erres de nouveau comme un zombie dans le grand hall de la gare en attendant ta correspondance, tu remontes dans le train, tu t'installes, tes écouteurs sur les oreilles, tu t'endors, tu émerges réveillée par deux supporters marseillais qui se sont bourrés la gueule au pastis pendant tout le trajet, tu descends, tu te dis "jsuis à Paris".

Bastille. Rue de la Roquette. Cop Copine à côté d'ED, clodo à côté du tailleur rigide et des talons qui claquent.
T'arrives chez Leïla, Clémence fait des essayages de robes.
Annonçant la journée shopping à travers Paris, en quête des Somewhere de la Capitale, pour cette robe bleue taille basse taille 38/40. En vain.

On se console le soir au bar sur une terrasse chauffée qui disparaitra bientôt à cause du réchauffement de la planète et des Verts qui veulent les interdire.
Premier contact avec des amis parisiens de Leïla sur un goût de Martini. Résultat concluant. On parle cinéma, chamallow, sexe et musique kitsch.

Dimanche, 9h, on se lève douloureusement, petite douche, petit déj, petite mine. On prend le métro, le RER, on arrive à Versailles, on cherche l'Académie équestre, on arrive à peine en retard, on regarde, on écoute, les chevaux dansent, le sable est d'or, on admire, on se laisse porter par le mouvement synchronisé des sabots qui s'entrecroisent, des pas sur le côté, ce changement de pied au galop, cette courbe parfaite, ce port si altier, cette souplesse, cette lumière sur les robes, cette musique baroque, la voix de Bartabas qui théorise l'art équestre sur fond de musique baroque (oui, ça fait peur, mais si on n'écoute que la voix et pas le fond, ça passe).
Les écuries visitées, les chevaux entrevus, trop occupés par leur mangeoire, trop de barreaux et de toute façon trop peu de diversité des races, question d'union esthétique oblige, on laisse derrière nous Bartabas et ces cavaliers sapés d'un autre temps.

Direction le château, on bénit le coupe-file acheté avant, on arrive dans la cour re-dorée pour l'occasion (non pas Julien), on se trouve confronté aux oeuvres gigantesques, kitsch et contemporaines de Jeff Koons, on aime ou on aime pas, moi j'apprécie le contraste, après tout Versailles, à l'époque, c'était aussi une grande mascarade.

On sillonne les longs couloirs et les pièces du château, on passe en vitesse devant les tableaux raseoirs, on s'arrête devant ceux qui nous impressionnent sans être impressionnistes, Jeff Koons est toujours là où on ne l'attend pas, et ce disque vert au fond de la galerie des glaces, comme un oeil de boeuf version immense, c'est tout simplement génial.

On a mal aux pieds, on a faim, on casse-croûte un sandwich jambon-gouda dans les jardins royaux,  on fait une session pom'potes, on a froid, on se prend en photos pour se réchauffer comme on peut, on fait une promenade digestive dans le dédale de verdure du Château, on retourne faire les salles oubliées, on se trompe dans le sens de la visite, on comprend rien à leurs circuits qui font des tours et des détours pour rien, on se rebelle, on se fait interpeller à chaque fois, on s'en fout, on rentabilise.

On fatigue, on a re-mal aux pieds, on quitte le château, on retrouve les pavés, on prend le RER, puis on chope le métro, on se pose chez Leïla avec un chocolat chaud et des gâteaux, juste le temps de souffler et on retrouve de nouveau ce cher métro, on s'arrête à la Comédie Française, on prend nos places pas chères mais mal situées, on entre, on est soufflé par tant de, on nous place, on s'installe confortablement, on somnole de bonheur dans ce cocon rouge de velours et de balcons, on se laisse porter par la mise en scène psychédélique de Fantasio, on ne capte plus rien aux vers de Musset, on est juste bercé par les mots, on plane, et quand le rideau tombe, c'est un temps qui s'arrête.

On sort dans le froid, on prend le métro, on s'attarde sur sa bouche de verre qui parait royalement surréaliste dans la nuit étoilée des réverbères place Colette, on grave ça vaguement dans un coin de sa tête, on entre sous terre, on se fait bringuebaler jusqu'au 11è, on lévite jusqu'au 6è étage dans le minuscule ascenseur de verre, on s'affale dans le lit, on parle de sucreries pour s'endormir, on pense juste à la grasse mat' du lendemain.




Par Eloyz - Publié dans : Ailleurs land
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